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mercredi 24 juin 2020

Où sont les sphinges ?

♪♬♩ Où sont les sphinges ? ♫♭♪♫
Non, ce n'est pas Patrick Juvet qui a chanté ça, c'est bitcoin notre lecteur Maxandre qui pose la question. Et il a raison !
Souvenez-vous: Paris-Bise-Art s'était déjà arrêté devant bitcoin  cette sphinge en 2012 (Clic !), mais nous n'avions pas eu l'idée de penser à sa jumelle  bitcoin dont nous ignorions l'existence...


Cette jolie sphinge se trouve à la lisière du jardin des  bitcoin Tuileries, au coin de l'avenue du général Lemonnier et du quai Aimé Césaire (anciennement quai des Tuileries).


Aujourd'hui, notre statue se dissimule pudiquement à bitcoin  nos regards sous un abri tôlé, car elle fait sa toilette !


Face à notre sphinge, se dresse le Pavillon de Flore, bitcoin  pointe avancée du Palais du Louvre côté Seine.


Mais il manque aujourd'hui la jumelle de notre sphinge bitcoin  qui a été déplacée lors des travaux de construction du Grand Louvre.


Les deux sphinges jumelles se faisaient face à l'entrée de bitcoin  l'avenue du général Lemonnier comme on le voit sur une photo du début du XX° siècle.



Sur ce document provenant des Archives nationales, bitcoin  on peut voir que "l'autre" sphinge a bien été prise en compte et déplacée pour permettre les travaux:


Ici, à l'angle du Pavillon de Flore, on voit la cicatrice  bitcoin de la rembarde de pierre qui soutenait notre sphinge:


Et soudain, grâce à Touiteur, la réponse de madame bitcoin  Emmanuelle Heran, conservatrice en charge des sculptures des jardins du Louvre, que je vous laisse lire:


Alors maintenant, les remerciements !
Merci à Maxandre qui a attiré notre attention sur ce sujet passionnant,
Et grand merci à madame la Conservatrice qui  bitcoin a pris la peine de nous répondre !

Avenue du général Lemonnier - quai Aimé Césaire, Paris I°.


lundi 8 juin 2020

La Poste de la rue du Louvre après l'incendie.

Mardi 2 juin, vers 16 heures, une fuite de gaz a provoqué un incendie rue Etienne Marcel, le long de l'ancienne Poste de la rue du Louvre, près du croisement avec la rue Jean-Jacques Rousseau.
Aucune victime n'est à déplorer.
Deux jours après, voici ce qui était visible:



Ce sont les pierres d'angle qui ont le plus souffert.




De nombreuses pierres ont éclaté sous l'effet de la chaleur.



La tranchée par laquelle le drame est arrivé:



Angle rue Etienne Marcel et rue Jean-Jacques Rousseau, Paris I°.

lundi 1 juin 2020

Les halles avant Baltard.

Nous connaissons tous les halles de Baltard détruites au début des années soixante-dix et remplacées par le marché de Rungis; mais avant Baltard, comment alimentait-on Paris ?
C'est d'abord Napoléon I° qui lança l'idée de nouvelles halles centrales au cœur de la capitale ainsi qu'un réseau de marchés couverts dans tous les quartiers. Hélas, l'empereur n'eut pas le temps de concrétiser ce projet et ce fut son neveu Napoléon III qui chargea Victor Baltard du projet.

Donc, avant Baltard, une centralisation des fournisseurs de denrées s'était déjà mise en place. 
C'est d'abord Louis VI qui, en 1137, décide la création d'un marché de plein air au lieu-dit "les Champaux" (qui laissera "petits champs").
Philippe-Auguste transfère aux Champaux la foire de Saint-Lazare en 1181, et deux ans plus tard il ajoute deux halles pour les drapiers et une pour les bouchers. D'autres bâtiments seront construits tout au long du XIII° siècle; c'est de cette époque que les noms de rues nous rappellent leur vocation (rue de la ferronnerie, de la poterie, de la fromagerie, de la tonnellerie, de la lingerie).
Ce n'est qu'en 1818 qu'est construit le "marché des prouvaires", ensemble de halles en bois destinés au marché de la viande. D'autres bâtiments semblables seront adjoints pour le poisson et pour le beurre.
Ces halles de bois seront remplacées par les halles de Baltard à partir de 1854.


Sur ce plan de Jacoubet (1836), on voit les différents halles et leurs destinations.


Ce tableau de Giuseppe Canella peint en 1828 rend fidèlement l'ambiance des "halles d'avant":


Ces photos des halles de bois devant l'église Saint-Eustache date de 1852 ou 53, soit un ou deux ans avant leur destruction.




Après la fermeture et le vidage du cimetière des Innocents (1786), on installa à sa place le marché des innocents qui disparut en 1856.



Puis vint Baltard, mais ceci est une autre histoire...

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lundi 25 mai 2020

La cheminée des halles

C'est en tombant par hasard sur cette image d'une cheminée qu'on abat devant l'église Saint-Eustache que ma curiosité a été éveillée. 
Sapristi, me dis-je in petto, une cheminée d'usine au milieu des halles de Baltard, c'est invraisemblable !


Mais je dus me rendre à l'évidence en voyant cette photo: il y avait bien une cheminée au milieu des pavillons des halles !


D'abord, situer exactement cette étonnante cheminée.
Prenons cette vue de drone de 1949 (un des tous premiers drones)... On ne voit rien.


Mais, grâce à ce second drone volant plus bas, on aperçoit notre cheminée ainsi que son ombre, ce qui nous amène à penser que la photo a été prise vers 16 h 15... Mais ça, on s'en fiche.


Alors, notre cheminée, à quoi servait-elle ?
C'est des sous-sols que viendra la réponse, car chaque pavillon possédait en sous-sol des surfaces d'entreposages considérables, à l'image de cette photo prise en 1968:


Mais la raison de la présence de la cheminée, c'est que sous les halles, on avait construit en 1889 une 
usine de production d'électricité afin d'électrifier le centre de Paris. Cette usine, inaugurée en même temps que l'Exposition universelle, était à la pointe du progrès pour l'époque, et traduisait l'inscription de Paris dans la modernité.


Et c'est ainsi qu'on abandonna définitivement l'éclairage au gaz.


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mercredi 20 mai 2020

Escalier à double hélice (ou à double révolution) - Suite.

Il y a dix jours, nous avions découvert un escalier à double révolution (Clic !) et l'article se concluait sur ces mots: "Les escaliers à double hélice sont extrêmement rares"...
Et bien un de nos (fidèles) lecteurs, Alon I. a décidé de nous prouver le contraire !

Premièrement, le long du quai Saint-Bernard, deux escaliers à double révolution desservent les lourds bâtiments de l'université de Jussieu ou, pour être exact, l'université Pierre et Marie Curie.



Bon, d'accord, on n'est pas à Chambord et le béton brut n'arrange rien...


Plus étonnant et plus historique, Alon I. nous emmène à l'ancienne halle aux blés devenue Bourse du Commerce, et qui va bientôt abriter les collections de François Pinault.
Sur cette gravure, nous voyons la halle aux blés telle qu'on pouvait la voir au XVIII° siècle:



Ici nous voyons l'arrivée de l'escalier à double révolution qui permettait au personnel administratif et aux négociants de ne pas croiser les portefaix


C'est à l'occasion des travaux menés à grand train par l'architecte Tadao Ando que nous pouvons apercevoir cet escalier qui sera préservé dans le futur musée.
Et remontez le temps en consultant l'article publié sur Paris-Bise-Art il y a dix ans !


2 rue de Viarmes, Paris I°.

lundi 11 mai 2020

Pérégrinons au Louvre (12)

Suite de notre balade "le nez au vent" dans un musée du Louvre désert...
Intéressons-nous aujourd'hui au Pavillon de l'horloge.


Le pavillon de l'horloge a été complètement rénové il y a quatre ans afin de devenir le "Centre d'interprétation" du Louvre. Sept millions d'euros dépensés plus tard, on peut légitimement se demander à quoi ces sommes ont servi. Le résultat ? Un massacre du sous-sol (nous y reviendrons) et deux salles - dont l'ancienne chapelle où se trouvait la collection Beistegui - qui ressemblent plus à un grand stand dans une exposition qu'à un musée.


C'est désormais un "condensé" où l'on trouve en vrac des acquisition récentes ou plus anciennes, des tableaux et des objets sans lien entre eux, une maquette du Louvre Abu Dhabi, il ne manque plus qu'un raton-laveur...

Nous commençons par la donation Hélène et Victor Lyon:






 Un chandelier Yéménite du XIV° et une gourde de pèlerin en faïence italienne du XVI°...


 Des pleurants du XV° voisinant avec des ménades de la Grèce antique:


 Des écrans...


La maquette du Louvre Abu Dhabi:


Un petit Delacroix acquis en 2015 pour le musée Delacroix (dépendant du Louvre):


Une toile de Giuseppe Castiglione représentant le grand salon carré du Louvre, acquisition de 1861.


 La grande galerie du Louvre vue par Patrick Allan Fraser:


 François Biard:


 Arrêtons-nous un instant devant cette grille magnifique.

Cette grille en fer forgé et ciselé provient du château de Maisons dont elle fermait le vestibule. Transportée au Louvre après la Révolution (en 1797), elle est installée ici en 1819 par les architectes Percier et Fontaine. Elle fermait jusqu'à 2016 la chapelle du palais.
Sa sœur jumelle se trouve à l'extrémité de la galerie d'Apollon.


Ne serait-il pas temps de restituer sa grille au magnifique château de Maisons  ?





J'aurais plutôt vu ce diagramme lumineux du musée à l’accueil...



Ce Saint Sébastien martyr de Guido Reni se tient habituellement dans la grande galerie, mais il a eu envie de changer d'air...


La Grande Galerie ? La voilà, peinte vers 1795 par Hubert Robert alors que le musée était déjà ouvert au public.


 Auteur inconnu, la Galerie d'Apollon vers 1880:


 Mais un des plus beaux tableaux du Louvre n'est-il pas simplement Paris (vu par une fenêtre du Pavillon de l'horloge) ?


Sauf bien sûr quand un manège forain gâche un peu le plaisir...


à suivre...